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05
2008
Des subjectivités numériques
«Le dévêtement d'Arlequin»
Séance de séminaire du 6 mai 2008

La corrélation du « Sujet » et de l’Internet ne fait désormais plus l’objet de la moindre démonstration, mais bien plutôt d’une série de présuppositions : les réseaux ne sont pas pour nous les outils que nous employons à nous projeter ou nous représenter sur les réseaux, mais bien au contraire l’Internet s’avère un espace discursif qui contribue désormais grandement à la « configuration », si ce n’est la définition même de « ce que nous sommes ».

À l’évidence cependant, « ce que nous sommes » n’a rien d’une locution univoque. Voulons-nous entendre que nous sommes « quelque chose » — ou par principe de précaution, nous dirons : « quelqu’un » — dont les espaces numériques seraient à leur tour une manière d’extension technologique et informationnelle ? Ou bien prétendons-nous en revanche que les espaces numériques, que nous rencontrons bon gré mal gré au détour des exigences de plus en plus pressantes de la vie ordinaire, et qui forment désormais un milieu expressif privilégié, façonnent comme à notre corps défendant la silhouette et même la chair de ce que, précisément, « nous sommes » ?

La question qui, ce printemps 2008, guidera notre travail de recherche, doit être déployée dans toute l’étendue de ses possibilités ou, pour être plus précis, de son aporie.

Une « ontologie » est en jeu dans la relation du Sujet aux mondes numériques, dont il convient de repérer les termes et la nature : réalisme techno-phénoménologique — thématique de la vie numérique — ou bien idéalisme techno-logique — thématique de la programmation maîtrisée et de la calculabilité du Soi. De la représentation à l’expression, de la simulation à la narration, et des pratiques ludiques aux pratiques dites « citoyennes », un essaim de déterminations incertaines contribue à composer l’« être », la « réalité », la « chose », le « sujet digital » que nous sommes ou prétendons être en toute connaissance de cause, ou peut-être de plus en plus insidieusement, et le plus souvent, à notre insu.

Identités, connaissance de soi, maîtrise, aliénation — ainsi s’ouvre aujourd’hui l’espace d’investigation des « subjectivités numériques ».

Le prononcé de la séance inaugurale du séminaire de printemps 2008 est publié en ligne et disponible en cliquant sur le lien suivant.