HOMO-NUMERICUS
BLOGO NUMERICUS
LA FEUILLE
 
RUBRIQUES
Billets récents
28
04
2008
Séminaire de printemps 2008
— Des subjectivités numériques —
Programme

Le développement des réseaux et les pratiques culturelles qui l’accompagnent contribuent à une rethématisation radicale de la notion de « sujet », mais non pas au sens désormais traditionnel d’une « mort du sujet », quoi qu’on veuille entendre par une telle locution.

Identités, anonymat, pseudonymat — ce qui est en question, sous couvert des « subjectivités » numériques, c’est à la fois ce que nous sommes et le fait que nous le soyons à travers ce que nous faisons sur les réseaux, à savoir nos pratiques opératoires et d’écriture. Si être, c’est agir, être, c’est aussi s’écrire.

Rudimentaire ou approfondie, notre expérience des réseaux est toujours une expérience de nature au moins partiellement intellectuelle. Elle implique lecture, écriture, interprétation, vouloir-dire. De toute évidence, nous allons vers les réseaux en y portant quelque chose qui est « nous-même » ou « ce que nous sommes » — quelque chose que nous projetons dans ces gestes inventifs et scripturaux par quoi les réseaux se forment, se déforment, se reforment, et en somme continuent d’exister en une dynamique indéfinie.

or il y a au moins deux façons de comprendre cet élan et la créativité qui l’accompagne :

- L’une serait de postuler que nous nous projetons sur ou dans les réseaux et les enrichissons de nous-même et de ce que nous sommes capables d’y faire exister : pages Web, blogs, images et sons, etc. Nous considèrerions alors le « cyberespace » comme un lieu virtuel où se réfléchiraient nos propriétés humaines, intellectuelles ou sociales, économiques ou esthétiques. Miroir de la subjectivité, l’Internet miroiterait ainsi toutes les diversités humaines qu’il rassemblerait.
- L’autre hypothèse voudrait que notre implication dans les réseaux ne soit jamais totalement anodine, et que si nous participons à l’expansion des espaces numériques, en retour ceux-ci nous recréent, ou du moins infléchissent de manière sensible « ce que nous sommes », et par conséquent la réalité humaine dont et à laquelle nous participons. Être « en ligne », cela ne signifierait pas seulement user d’un outillage informatique relativement sophistiqué pour s’exposer soi-même, mais bien « être », ou encore se déployer et « exister » en un continuum interdisant toute rupture entre ce qu’on appelle le « réel » et ce qu’on appelle le « virtuel ».

En ce printemps 2008, notre recherche s’insèrera dans l’interstice de ces deux interprétations solidaires de notre expérience réticulaire, et entreprendra d’expliciter ce qu’il convient d’entendre non seulement par « subjectivités numériques » mais, à leur horizon, par cette « réalité » que nous nommons si commodément « Internet ».