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02
2007
L'Internet, ses mots et ses pratiques
Vrai, vérité: «le martyr d'Alêthéia»
Séance de séminaire du 6 février 2007

Si la navigation sur les réseaux requiert à un moment ou à un autre que nous questionnions la valeur de « vérité » des discours auxquels nous nous y exposons, l’expérience de vérité qu’ils suscitent n’est quant à elle réductible ni à un système de principes logiques rationnellement déductibles, ni à un ensemble de normes déterminables empiriquement.

La pratique de l’Internet rend en effet impossible une stricte évaluation de ses contenus en termes de « vrai » et/ou de « faux ». Nous y sommes bien plutôt conduits à négocier les évaluations que nous en faisons, non seulement les uns avec les autres, au motif notamment de la syndication et donc de la mise en correspondance de nos propres requêtes ; mais également et surtout avec nous-mêmes, c’est-à-dire à la face des connaissances et de la culture que nous sommes capables de mobiliser pour répondre aux défis cognitifs que les réseaux nous imposent de relever.

Dans un contexte réticulaire, nous sommes effecivement acculés à une conception prudentielle de la vérité, qu’il faut décliner non en termes de clarté et d’évidence, non plus que de correspondance entre un être et un dit, mais en termes d’usage et de pertinence. En ce sens, une conception prudentielle de la vérité consiste purement et simplement à penser la « vérité » comme la coïncidence, dans une expérience actuelle, de l’essaim des valeurs que nous mobilisons pour éclairer une situation cognitive donnée, et des effets escomptés de l’éclairage que nous sommes ainsi capables de porter sur elle.

Dont acte — En guise de compte-rendu du travail accompli ce mardi 6 février 2007, on trouvera ci-dessous une provocation à rassembler l’« essaim des valeurs cognitives et/ou éthiques » présidant à la décision de considérer qu’un propos diffusé sur l’Internet, admis, reconnu, discuté, contesté, tantôt validé et souvent invalidé, en somme répliqué et disséminé, présente une valeur de vérité déterminée — ou du moins à peu près déterminable.



D’une durée d’environ une heure et trente minutes, cette vidéo (en américain) peut également être téléchargée depuis le site de Google (bouton sur la droite de la page).


PS: Pour approfondir : « Become the Media », par Olivier Blondeau (2005).