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01
2005
Séminaire de printemps 2005
-- L'Internet: questions de droit --
Programme

Les conceptions ordinaires de l’Internet tournent autour de deux systèmes de présuppositions relativement contradictoires. En postulant d’une part que l’Internet dessine un monde de communications virtuel, on fait de manière idéaliste comme si l’appareil communicationnel proprement dit, c’est-à-dire le tissu industriel et informatique sur lequel il s’adosse, constituait une dimension de réalité à la fois évidente et insignifiante. Mais en admettant d’autre part que l’Internet est un outil communicationnel parfaitement analogue à ceux dont nous disposons par ailleurs, on fait de manière naïvement empiriste comme si sa disponibilité instrumentale n’opposait aux usagers que des obstacles techniques, et que son essor ne requérait qu’un simple temps d’adaptation fonctionnelle.

L’hypothèse sur laquelle nous travaillerons est exactement inverse, et se fonde sur une idée à double détente : a) que l’Internet n’est pas disponible techniquement ni technologiquement, et b) que l’inscription supposée du « virtuel » dans le « réel » constitue un contresens normatif affectant profondément la façon dont nous concevons notre usage de l’univers communicationnel des réseaux. Il s’agira donc de montrer qu’une simple description formelle de la structure des réseaux dit peu de choses de l’expérience à la fois pratique et intellectuelle que nous en faisons, et que le phénomène de l’Internet requiert une interrogation renouvelée des normes auxquelles nos pratiques réticulées sont susceptibles d’être assujetties, ainsi que des principes qui permettent de les éclairer.

On posera les premiers jalons de cette « diktyologie » en remettant en question les interprétations juridiques et politiques traditionnelles de l’Internet. Au-delà des « problèmes de société » provoqués par les réseaux, on s’intéressera ainsi aux conditions nouvelles de l’expérience éthique et juridique qu’ils déterminent, pour aboutir à une caractérisation précise de l’« espace public » qu’ils contribuent à dessiner et du « sujet » qui y opère.


PS: On pourra consulter les quelques ouvrages suivants :
Manuel CASTELLS, L’Ère de l’Information, Paris, Fayard, 1999
Lawrence LESSIG, The Future of Ideas, NY, Random House, 2003
Lawrence LESSIG, Free Culture, Penguin Books, 2004 (ouvrage accessible en ligne et gratuitement en traduction française.)
Paul MATHIAS, La Cité Internet, Paris, Presses de Sciences-Po, 1997