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2005
Séminaire de diktyologie
-- Lectures de l'Internet --
Programme 2005 - 2006

Si les approches empiriques et descriptives de l’Internet nourrissent en France les domaines des sciences sociales, de la psychologie, ou des sciences économiques, la littérature philosophique s’est encore très faiblement consacrée aux réseaux. Sans doute des exceptions existent-elles, une « philosophie des réseaux » ayant vu le jour dès le début des années 90 avec les travaux de Daniel PARROCHIA, ou les processus représentationnels impliqués par les pratiques de l’Internet étant au cœur de certaines recherches des sciences cognitives contemporaines. En revanche outre-atlantique, une abondante littérature fait résonner de vagues échos qui, nous semble-t-il, déterminent implicitement, confusément, et subrepticement — par voie principalement journalistique — les schémas selon lesquels nous prétendons en France interpréter et comprendre le phénomène de l’Internet.

Le chaos que nous y postulons, les soucis régulatoires qu’il suscite, les fantasmes identitaires, sociaux ou politiques qu’il engendre, sont autant de manières que nous avons de nous contenter d’une sorte de « dictionnaire des idées reçues », suffisant tant que seul est en jeu un usage instrumental du Réseau, professionnel ou privé, mais tout à fait indigent si l’Internet s’impose comme un véritable horizon pratique et cognitif, un espace de parole et d’écriture dont l’expérience présente une réelle dimension d’originalité. Prenant donc le contre-pied d’une certaine herméneutique de la paresse, notre séminaire tentera de faire droit à des constructions théoriques qui outre-atlantique ont déjà fait l’épreuve d’un public, le plus souvent académique ou spécialisé, mais qui restent parmi nous inconnues ou ignorées. Pour citer quelques exemples, on évoquera Mark POSTER et sa conception de la société communicationnelle postmoderne ; Michael HEIM, mis en regard de N. Katherine HAYLES, permettra de re-penser l’écriture réticulaire, tandis que George LANDOW pourra nous instruire de l’hypertextualité. Lawrence LESSIG nous ouvrira l’espace d’une conception juridique nouvelle de la culture et de sa circulation sur les réseaux, tandis que Jessica LITMAN et Siva VAIDHYANATHAN nous inspireront de nouvelles façons de déterminer les concepts de « droit d’auteur » ou de « propriété intellectuelle ».

Nous souhaiterions ainsi disposer, à l’issu de notre année de séminaire, d’un nouvel appareillage conceptuel destiné non pas à un usage catéchistique, mais à nous donner les moyens d’une herméneutique nouvelle, originale et approfondie, du « Sujet en réseau ».


PS: Post-Scriptum
La bibliographie sera annoncée au fur et à mesure de l’avancement des travaux du séminaire.