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02
2010
Séminaire de printemps 2010
— Le monde Internet —
Programme

L’existence des réseaux est désormais « pervasive ». Cela signifie que la commode distinction d’une vie « hors ligne » et de son autre, la vie « en ligne », ne tient plus vraiment. Le principal de nos pratiques sociales ou privées, intellectuelles ou ludiques, doit quelque chose au travail des réseaux et à leur efficace propre. Que doit-on ou du moins que peut-on penser de cette continuité de l’une et de l’autre de nos vies ?

L’Internet n’est pas un outil, il constitue un « phénomène total » et un monde. Cela implique de l’interpréter et de le comprendre non en termes de maîtrise technique et de typologie des usages, mais comme l’ambiance dans laquelle nous déployons désormais nos pratiques intellectuelles, sociales, privées ou publiques.

Les dernières séances de notre séminaire de diktyologie seront consacrées à l’élucidation de cette thèse. Dans ses grandes lignes, elle signifie que les réseaux ne sont pas de simples voies de communication informationnelle. Il y est plutôt question d’une reconfiguration de notre horizon cognitif et pratique. Notre intercompréhension aussi bien que nos interactions sont traversées et déterminées par les offres de possibilité ou affordances que renferment les réseaux. Nous ne sommes par conséquent plus tout à fait neutres par rapport aux structures informationnelles, c’est-à-dire aussi bien scientifiques et industrielles, qui conditionnent de plus en plus profondément nos modes d’existence. Percolé de machines et de données informatiques, le réel n’est pas seul hybridé. L’hybridation concerne notre être même et la façon que nous avons d’envisager notre devenir dans ses dimensions sociales et politiques mais aussi intellectuelles, esthétiques, culturelles. Dimensions incontestablement diverses mais qui forment, dans l’ambiance des réseaux, un nouvel écosystème dont nous souhaiterions décrire les propriétés les plus significatives.

Le principal de notre travail du printemps 2010 portera donc sur la façon dont les réseaux forment une totalité. Non pas sur le plan technique de leur interconnexion mais sur le plan ontologique de notre propre être-au-monde. Prolongement de nous-mêmes, l’Internet est comme un mode renouvelé d’existence de nos pensées, de leur cristallisation et de leur historicité.


PS: Quatre séances de travail sont prévues au printemps 2010 à 18h30 aux dates et salles suivantes situées dans les locaux de l’ancienne École Polytechnique, 1 rue Descartes à Paris (5ème) :
- les 17 et 24 mars en salle JA05 ;
- le 25 mars et le 1er avril en salle JA01.